Culture > Littérature > Les larmes des siècles

La Bretagne où je n’avais pas remis les pieds depuis plus de dix ans s’est rappelée à mon bon souvenir à l’occasion d’un stage aux Glénans. En sont sortis, outre une meilleure aptitude aux manoeuvres, les vers suivants.

Là, ses bocages nourris des larmes de dieux perdus
Ses landes d’émeraude aux frontières éternelles
Balafrées d’héroïques rivières cristal et sel
Qui coulent arrogantes et pures dans le roc vaincu

Là, des murailles fatiguées par la nuit des temps
Se dressent, malgré l’âge et l’usure. Se dressent fièrement
Combattent les déferlantes d’un ennemi patient
Qui, aux soirs de trêve, quitte la plaine, libère l’estran.

Là, se dresse orgueilleuse la lueur d’un foyer
Où le burin des cieux laisse sur les visages
Les larmes de siècles de tempêtes et de naufrages

Là, le rire est Celte, le rire est fort, l’homme est sage
Il sait la chaleur d’une Bretagne ensoleillée
Il sait la valeur de son pays scarifié.

23/05/2009

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