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Yorkshire
Yorkshire

Aujourd’hui, j’ai envie de m’attaquer à un stéréotype et je vais commencer par celle qui m’agace le plus ; la blondasse. Toute ressemblance avec des personnes que vous pourriez croiser dans la rue, ou même connaître, ne serait pas si fortuite.

La blondasse n’est pas complètement blonde. Du pur point de vue capillaire elle n’est d’ailleurs complètement rien parce que la blondasse se fait faire des mèches – souvent blondes – parce que se teindre en blond est vulgaire, surtout quand ça repousse. Une mèche qui repousse est plus discrète, croit-elle parce que son capilliculteur, qui ne lui veut que du bien, le lui a vendu.

La blondasse n’est pourtant pas bête. Elle est même souvent intelligente et parfois ambitieuse. Lorsque la trentaine commence à lorgner la dizaine suivante, elle a déjà réussi sa vie même si son ventre la tenaille parfois d’une envie d’enfant quand elle n’en a pas, et se demande pourquoi elle en a fait quand elle en a. La maternité a cela de pratique qu’elle est un bon bouc émissaire pour le relâchement tissulaire qui l’oblige à aller se renforcer les fessiers trois fois par semaine au Club Med Gym dont l’abonnement peut dépasser un salaire de smicard. Elle n’y parle qu’aux autres blondasses car la blondasse a la vulgarité en horreur, bien qu’elle y tende, et le naturel la déroute.
La blondasse a donc le ventre ferme et les épaules musclées. Parfois un peu trop musclées. Pour les fesses, c’est plus compliqué mais parfois réussi. En été, la blondasse porte un haut moulant. Pour le bas, c’est plus compliqué mais parfois réussi.

La blondasse a la peau entretenue par Clarins le soir, Caudalie le matin et Nivea le reste du temps, mais ça peut changer assez vite. Elle a le teint bronzé ou hâlé, bien que la permanence de ce coloris originellement doré qui lui permet se démarquer de la fade foule parisienne tende au fil du temps plus vers ce brun mat que Desproges appela poétiquement le “brun caca”.

La blondasse est une executive woman, c’est à dire qu’elle travaille tard. Elle aime son décorateur d’intérieur inutile et déteste sa femme de ménage dont elle ne pourrait pas se passer. Elle voit peu ses enfants et à peine plus son mari. Elle s’en plaindra dans vingt ans lorsqu’elle soignera son cancer de la peau ou celui des poumons, mais, pour l’heure son travail et son yorkshire l’occupent bien assez. Ce dernier a aussi des mèches blondes, mais chez lui, c’est naturel.

La blondasse aime être désirée mais oublie de se laisser aimer. Elle a une vie et des projets, au moins jusqu’aux vacances de février. Lorsque la blondasse est accompagnée d’un vieux beau qui lui ressemble, c’est son ex-mari.

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