Démangeaison > Pourquoi je suis un enfoiré sans cœur comme 97% des facebookeurs

Bebe_Phoque_LikeAttention, cet article pourrait n’être intelligible que pour une population ayant déjà utilisé un site web connu sous le nom de facebook qui est au trombinoscope (ce que signifie son nom) ce que Playboy est à Paris Match (pas vraiment de différence de fond, mais on s’y dévoile beaucoup plus avec un impact qu’on ne mesure qu’après).

NON, JE NE PARTAGERAI PAS !

Je ne partagerai pas, ne cliquerai pas sur “j’aime”, ne “likerai” pas ce que vous me demandez de partager juste parce que vous me le demandez. Je n’aime pas qu’on me dise ce que je dois faire, surtout quand je n’y vois aucun intérêt. Je partage ce que j’aime. Je veux bien faire un partage inutile parce que je vous aime bien et que ça me fait plaisir que vous atteigniez les 300 ou 3000 followers/likers, mais je ne partagerai pas simplement parce que c’est demandé. Je sais que je suis une tête de cochon, alors venez pas me secouer le bacon.

Non, je ne partagerai pas !

Je partagerai encore moins si vous faîtes du chantage à l’affectif en affichant l’image d’un bébé rigolard, d’un dauphin trop mignon, d’un handicapé handicapé en proclamant que je suis un sans cœur, un insensible, si je ne “like” pas. Est-ce que le fait de partager me rend plus humain, plus sensible, plus gentil ou rend le dauphin plus adorable ? Ai-je vraiment besoin de montrer que je trouve mignonne la tête d’imbécile – certes rigolote – que fait un bébé que je ne connais pas ? Est-ce que cela me rend plus sociable, plus joyeux ? Est-ce que ce like fait de moi un homme meilleur ou, au contraire, le jouet d’un système ? (Ah, zut, j’ai lâché le vilain mot).

Non, je ne partagerai pas !

Non, je ne partagerai pas !
Non, je ne partagerai pas !

Je ne partagerai définitivement pas pour faire monter artificiellement le nombre de “like” sur la page d’un inconnu, généralement anonyme, qui joue sur la culpabilité en utilisant de façon éhontée des images de bébés recousus, de dauphins sanguinolents et de handicapés aussi handicapés que dans le paragraphe précédent, que des “j’aime” n’aideront pas à surmonter des épreuves parfois imaginaires et le plus souvent passées. Je ne partagerai pas pour satisfaire un ego à la moralité douteuse qui pioche dans des images dont il ne possède pas les droits, et des vies qui ne lui ont rien demandé et à qui il n’apportera rien. Je ne partagerai pas pour m’acheter une empathie à bon marché. Comme chaque homme, j’ai mon prix, mais je vaux plus cher qu’un “j’aime”.

Non, je ne partagerai pas !

Non, je ne partagerai pas vos spams du pauvre, héritiers des “hoax” anxiogènes de l’ancien temps, qui annonçaient par mail le virus destructeur, l’armageddon informatique, l’effacement de votre disque dur et le vol de toutes vos données en citant des sources invérifiables et des processus inexistants, mais en n’omettant pas de vous dire de partager massivement.

Je ne partagerai donc pas les dénonciations, inquiétudes sur la vie privée sur les réseaux sociaux, messages d’amour à votre maman, meilleure amie, chien ou cancérologue.
Je ne crie pas avec les loups, suis capable de me renseigner sur les conditions d’utilisation que, comme vous, je n’ai pas lu avant d’accepter ou d’appeler ma mère ou un ami (je n’ai ni chien, ni cancérologue, ce qui limite mon exemple) pour lui rappeler que je l’aime.
Et, parlant de chien, je n’apporterai jamais le moindre “like” à ces étonnants parents qui conditionnent les cadeaux particuliers (comme une console de jeu ou un chien) au nombre de “j’aime” obtenus. Surtout qu’un chien n’est pas un jouet, mais un futur membre de la famille avec ses plaisirs et ses contraintes.

Mécénat Chirurgie Cardiaque

Je ne vois pas non plus en quoi mon soutien de principe à la lutte contre le cancer du sein affiché haut et fort sur mon statut va changer quoi que ce soit. Mais, je veux bien promouvoir une action qui me tient à cœur. Si vous voulez vraiment “liker” utile, partager intelligemment, il y a des causes pour lesquelles les “like” apportent de la visibilité à des associations, voire même de l’argent à des gens qui en ont vraiment besoin comme pour Initiatives Coeur chez qui chaque “j’aime” apporte 1 € à Mécénat Chirurgie Cardiaque (profitez de votre passage sur cet article pour aller aimer la page. Attention ; vous pourriez participer à sauver une vie).

Pour aimer intelligemment, aimer utile, chers amis Facebook, il n’est nul besoin de se lancer dans de grandes réflexions philosophiques avant de partager ; il suffit de réfléchir, juste une seconde de plus avant de cliquer. Réfléchir au pouvoir de nuisance de ce que vous partagez. Réfléchir à l’utilité réelle de votre engagement.

Voilà. Maintenant, vous pouvez aimer cet article : c’est juste en-dessous…

4 réflexions au sujet de « Pourquoi je suis un enfoiré sans cœur comme 97% des facebookeurs »

  1. Bonsoir
    Tout à fait d’accord… 🙂
    Belle envolée…. stylistique. Dont pour le coup je partage, l’enthousiasme à ne pas partager.
    Mais je reconnais que malgré les nombreux défauts de ces réseaux sociaux… eh bien ça permet tout de même de partager un peu de quotidien avec des personnes qui habitent… souvent trop loin.

    Bonne soirée. 🙂

    1. Bonsoir,

      Je suis bien d’accord, ça tombe bien :-P. Je regrette seulement d’avoir été obligé de filtrer les publications de certains de mes amis à cause d’une propension très élevée à partager n’importe quoi, n’importe comment, ce qui faisait rater l’important, voire même rater l’important des autres dont les statuts étaient noyés au milieu des excès sans intérêt des uns. Trop de partage tuerait-il le partage ?

      Bonne soirée.

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