Je suis Papa > Chat ou enfant ? C’est (presque) pareil.

Chat et enfantQuand pointent les prémices de la pré-adolescence, l’envie d’un petit dernier fond comme une boule de glace à la fraise à côté du bavoir. Peut-on décemment vouloir concilier la surdité sélective avec les couches atomiques ou les Lego et Playmobil abandonnés avec un tube digestif souriant et rampant ?

Ne pourrait-on trouver un remplaçant plus accommodant que le bébé pour combler le manque de câlins qui accompagne traditionnellement les excès de sébum ? Certaines personnes choisissent d’adopter un chat, arguant qu’un chat et un enfant, c’est presque pareil.

Analysons le bien fondé de cet argument :

Le chat et l’enfant sont toujours dans nos pattes.

Et quand ils n’y sont pas, ils sont dans le passage. Que celui qui n’a jamais failli marcher sur son gnome rampant me jette la première pierre.
Ils aiment être accrochés à nos basques quand on fait la cuisine, ou passionnés par ce que l’on fait au petit coin, ou par le mouvement du curseur de la souris, ou par ce que l’on lit, ou par les lacets de nos chaussures…

Ils veulent de l’attention.

Rien de plus similaire qu’une petite patte douce accompagnée d’un miaulement que cette petite main sale qui énonce un truc qui ressemble à “Papa”. Le chat veut jouer. L’enfant veut jouer. Le chat veut des caresses, l’enfant veut un câlin. De préférence, quand il faut partir ou quand on est au téléphone, sinon c’est moins drôle.

Ils se fichent qu’on veuille de l’attention

Parce que c’est bien gentil de faire des caresses ou un câlin, mais si passe un papillon, c’en sera fini du moment de tendresse.

Ils sont sourds (quand ils veulent).

Une fois le chat et l’enfant proprement éduqués, il est possible de les faire réagir à distance au mot “poulet” pour l’un, et au mot “Nutella” pour l’autre. Par contre, les mots “bain”, “devoirs” ou encore “pas sur la table” semblent sortir de nos bouches dénués du moindre son. A moins que ce ne soient leurs oreilles qui soient sélectives.

Ils n’ont pas le sens de l’orientation.

Quand on les appelle, ils partent majoritairement dans le sens opposé, à moins qu’ils n’entendent vraiment pas qu’on leur parle (ceci étant à rapprocher du point précédent).

Ils sont voleurs

Je ne vois vraiment pas qui aurait pu manger ce morceau de cookie/poulet. Le poisson rouge ? Tu pousses le bouchon un peu trop loin, Maurice.

Ils aiment qu’on ait le dos tourné.

Le mot “Non” est compris de la même façon par les petits poilus et les petits imberbes. Une fois sa signification bien intégrée, il disparaît alors comme par enchantement du cerveau de l’un comme de l’autre dès lors que les adultes sont occupés ailleurs.

Ils n’aiment pas nos canapés.

Cet objet d’ameublement attire le vomi de l’un et les griffes de l’autre. Ou peut-être est-ce l’inverse. La science a encore beaucoup de travail pour expliquer ce phénomène qui touche les canapés, toute forme et revêtement confondus.

Ils adorent les rallonges électriques (mais pas de la même façon).

Ce qui passionne surtout les enfants, ce sont les boutons. Surtout les lumineux. Surtout celui de la rallonge multiprise sur laquelle et branchée l’ordinateur. Clic.
Quand au minou, lui c’est le fil qui le branche (c’est drôle, non ?). Et c’est encore plus rigolo quand il y a une lampe au bout. Ou un casque audio. Ou… enfin vous voyez l’idée.

Ils puent.

Un chat et un enfant ne sentent pas trop mauvais quand ils transpirent, mais comparer la litière pleine du produit résultant d’un aliment riche pour chaton avec le contenu d’une couche standard est une épreuve olfactive dispensable.

Ils vomissent

Boule de poil ou lait caillé, même combat. Ce qui ne va pas bien dedans, ressort par où c’est entré. Le chat et le bébé ont le sens de ces vérités simples, et nous le sens du rouleau d’essuie-tout toujours accessible.

Ils nous prennent pour leurs esclaves (et ils ont raison).

“Quand est-ce qu’on mange” ou “miaaaouuuww”, le vocabulaire diffère, mais pas l’intention. Nos estomacs sur patte savent réclamer et ne s’en privent pas. On peut d’ailleurs ajouter le “Papa, tu peux venir m’essuyer” à rapprocher du miaulement pour signaler que son altesse ne veut pas souiller ses poils dans une litière aussi sale.

Ils nous prennent pour des demeurés.

Avez-vous vous vu ce petit regard de lémurien, l’air de dire “Mais qu’est-ce qu’il raconte encore le pauvre vieux ?”. Et quand la paupière se plisse, cela devient “Cause toujours”. A votre avis, c’est celui de l’enfant ou du minou ? Les deux, bien entendu.

Ils sont à la masse.

Entre un chat qui a son quart d’heure de folie et un enfant pris dans l’excitation du jeu, il n’y a qu’une différence : les griffes. Ils jouent à tort et à travers avec à peu près n’importe quoi et mettent en péril l’ordre de la maison, la santé mentale des adultes et parfois leur propre intégrité physique.

Mais tout de même, un chat et un enfant, c’est un peu différent.

Le chat est un (presque) adulte tout suite.

Le chat ne va pas à l’école. Il n’a donc pas de devoirs, d’horaires, d’activités extra ou péri scolaires, de problèmes de nounou et sait se garder tout seul le soir si on va au cinéma. Et surtout, IL EST PROPRE.

Le chat reste rarement plus de 20 ans.

Certes, il existe des félins Tanguy qui trustent les records d’espérance de vie, mais la plupart du temps, on n’en prend pas pour plus de vingt ans. On pleure beaucoup quand il nous quitte et la maison semble toute vide, mais c’est pareil avec un enfant. On peut alors savourer la liberté retrouvée, ou foncer à la SPA. Ou refaire un enfant (en fait, non).

L’enfant peut être muselé

On peut installer l’enfant devant un écran pour obtenir de sa part à la fois du silence et de l’immobilité. La durée de tranquillité dépend de la qualité du programme et de l’âge. (Je me demande à ce propos combien de famille se sont agrandies grâce – ou à cause – de Gulli ?)

L’enfant ne perd pas ses poils.

Avant que l’enfant ne devienne un ado qui laisse ses poils pubiens dans la baignoire, il faudra du temps. Le matou, lui, perd ses poils à peu près tout de suite et pour longtemps. Il en fout partout, les gens sont allergiques à la salive qu’il y laisse, et il suffit de transpirer un peu pour en avoir sur soi, y compris dans la bouche.

Le chat fait dans la litière. Toute sa vie.

Oui, tout sa vie, il faudra changer sa litière chaque jour alors que l’on peut espérer que l’enfant arrête de remplir ses couches et d’avoir des accidents nocturnes. En contrepartie, l’odeur du minou sera la même tout au long de sa carrière, on n’aura donc pas, comme avec l’enfant, droit à l’évolution de la diversité des odeurs corporelles.

Le chat est stérilisé

Et s’il ne l’est pas, allez chez le véto de ce pas ; c’est mieux pour lui, et c’est aussi mieux pour vous. Ainsi, seule la puberté du petit d’humain vous laissera voir passer les wagons d’ados en chaleur avec les pleurs et autres sueurs froides associées. Je ne vous fait pas un dessin ?

Le chat fait des câlins.

Hé oui, vient un jour ou l’ado ne vient plus frotter ses joues devenues râpeuses (si c’est un garçon) ou acnéiques contre notre tendre giron. Le chat, lui, reste l’enfant de la maison quand le bébé a pris du poil, de l’odeur, et regardera dehors et sous les jupes des femelles filles avec une insistance toute féline.

Voilà. Maintenant vous pouvez faire un choix en toute lucidité.

Photo: Getty images

6 réflexions au sujet de « Chat ou enfant ? C’est (presque) pareil. »

  1. 🙂 C’est tellement vrai.
    Les chats et les enfants ont leurs bon cotés.
    Le mieux c’est d’avoir les deux.
    Ils se débrouillent entre eux comme ça.

    Merci pour ce post qui m’a donné le sourire.
    Bonne soirée

    1. Oui, ils se débrouillent entre eux… encore que si je n’ai pas dit “Fiche la paix au chat” dans la journée, c’est que l’enfant n’était pas là !

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