Je suis Papa > Ode aux pantalons troués et aux godasses bousillées

Voici un article qui a un frère faux jumeau sur le blog de Carène, “Des mots et moi”. Vous pouvez le lire en cliquant ici. Voilà de quoi rassurer Maman crevette qui se sentira moins seule.

Mon fils est un extraterrestre. Ou une sorte de monstre du paléolithique qui aurait survécu jusqu’à nos jours. Il est doté de genoux pointus et de pieds abrasifs. Je sais que ça ne se voit pas au premier coup d’œil. On ne soupçonnerait pas que ses petits genoux roses tout doux (sauf en été où ils se couvrent de substances allant du noir au vert en passant par d’improbables camaïeux de rouge) pourraient être aussi agressifs pour les pantalons.

Ce sont les pieds de Johnny Depp. C'est pas gagné.
Ce sont les pieds de Johnny Depp. C’est pas gagné.
Oui, les pantalons sont ses premières victimes. Quels que soient leur qualité et leur prix d’achat, ils reviennent invariablement troués avec une rapidité qui force le respect. Je soupçonne Ti-cul d’un certain sado-masochisme : je l’imagine se jetant sur les genoux en glissade sur le bitume pour en arracher chaque fibre. Parfois, je me demande s’il n’exprime pas là un besoin particulier d’aération à cet endroit. Là aussi, je soupçonne une caractéristique physique venue du fond des âges.

Mais mon petit dinosaure ne s’arrête pas là. Il a une autre victime. Ses chaussures, auxquelles il s’attaque avec une férocité évoquant furieusement le SPM d’une vélociraptor. Record pour trouer la pointe de la chaussure : quelques heures. Record pour exploser la semelle : une petite semaine. Excuse (à deux balles) : «On joue à Tintin. Moi je suis Milou». C’est vrai que les chiens peuvent avoir une certaine appétence pour la destruction de chaussures, mais est-il pour autant nécessaire de pousser le mimétisme à ce point ?

Mon fils est un rescapé de l’évolution. C’est un Pantalivorus Destrupompus Sapiens. Il ne conçoit ses membres inférieurs que vêtus de trous. Après avoir expliqué, tempêté, négocié, menacé, couru les soldes des magasins déjà bon marché, les pantalons des copains plus grands qu’on lui laisse généreusement à trouer, les différentes marques de chaussures, des plus solides aux moins chères (les plus rentables sont ces dernières), les pointes renforcées, les patchs thermocollants, les semelles épaisses, les jeans assez raides pour tenir debout tout seuls, j’ai fini par prendre acte de sa volonté. Soit : qu’il porte des trous.

Image Vertbaudet qui montre que mon cas n'est pas isolé
Image Vertbaudet qui montre que mon cas n’est pas isolé
J’ai renoncé à avoir un enfant bien habillé à l’école. Sachez qu’un pantalon troué au genou ne s’y troue pas à nouveau et qu’on regrette moins un trou dans un pantalon moche ! Je suis donc devenu le papa du garçon aux pantalons troués et aux godasses machouillées, sorte de Kurt Cobain d’école élémentaire. En moins blond (mais il chante aussi).
Pour me consoler, je me dis que je l’aide à travailler son look 80‘s : quand il sera ado, ce sera peut-être revenu à la mode. S’il m’épargne la coupe de David Bowie, je devrais survivre.

6 réflexions au sujet de « Ode aux pantalons troués et aux godasses bousillées »

    1. Va voir la version de Carène, vue de l’intérieur, ça donne un nouvel éclairage.
      Vive l’été, en tout cas : c’est le genoux qui trinquent. Il fait plus gaffe.

  1. A propos de la première photo, le petit à besoin de nouveaux lacets 🙂
    ça tombe bien, je vous propose de vous rendre sur le site feetunique.fr et si le site vous plait, on peut discuter sur un échange équitable 😉

    Bon courage

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