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Eugène Delacroix : La liberté guidant le peuple (détail)
Eugène Delacroix : La liberté guidant le peuple (détail)

L’autre jour, j’ai perçu une lueur d’angoisse dans un regard masculin, ce même regard incrédule que l’on trouve chez les victimes de caméras cachées, celui qui se demande si c’est normal, s’il a bien vu, bien entendu, si c’est lui qui devient fou ou si c’est celui qu’il regarde qui l’est. Vous voyez de quoi je parle ? Le pauvre homme venait de m’entendre dire que j’étais féministe, et comme je ne suis pas franchement féminin, il était tout perdu.

Bien sûr, je ne suis pas de ces soi-disant féministes qui se baladent seins à l’air en guise d’écriteaux, aux revendications floues, plus opportunistes que cohérentes (mais qu’allaient elles faire à l’Assemblée Nationale du Québec ?) et démontrant, à l’inverse de ce qu’elles défendent, que pour attirer l’attention, il faut montrer ses seins, et surtout les plus conformes aux canons de la mode (hein, pourquoi les poitrines plus pleines et les ventres moins fermes sont-ils toujours à l’arrière plan ?). Il me semble que le seul nom de l’association “Ni putes ni soumises” est bien plus clair et ne sonne pas comme une tentative de dés-érotisation ayant pour but de lutter contre la surpopulation mondiale.
Vous n’avez donc aucun risque de me voir me balader la bizoune(*) à l’air, taguée de revendications, ou alors en privé. Et d’abord, l’activisme ne me sied pas bien au teint. Je ne suis d’ailleurs ni militant, ni même sympathisant d’une association féministe quelconque. Je suis féministe par principe.

Le féminisme, sauf erreur de ma part, cherche à établir et promouvoir les droits des femmes et, par extension, l’égalité des sexes. La plupart des féministes ont renoncé à tenter de nous rendre égaux devant la cellulite et se battent plutôt pour les égalités de droit et leur application. Celle de droit n’étant pas trop mal fichue en France, l’application en matière salariale, d’accès au travail et aux responsabilités (notamment politiques), à l’avancement professionnel, ou au droit à ne pas être discriminé à cause de son sexe ou de son statut matrimonial animent le fond du combat côté Cocorico. La disparition du “Mademoiselle” ou la possibilité de transmettre le matronyme aux enfants sont des victoires visibles récentes. Pendant ce temps, les plus internationales luttent pour l’accès à l’éducation des filles, la liberté de choix, contre les inégalités de droit, le viol, institutionnalisé ou non, les mutilations sexuelles et autres joyeusetés qu’il faut aussi veiller à ne pas voir s’installer ou se réinstaller sous nos latitudes. Bref, un important florilège de causes qui me semblent importantes.

Vélo unisexe ?
Vélo unisexe ?

Il reste pourtant une discrimination forte qui touche les femmes de notre pays, et avant elles, les filles dès l’entrée de Toys’r us ou La Grande Récré et se poursuit chez Decathlon. L’organisation en rayons sexués des enseignes de jouets officialise et banalise la discrimination sexuelle, celle du rose et du bleu contre laquelle je m’insurgeais déjà dans cet article, mais, ce qui est beaucoup plus grave, celle de l’aspirateur et de la perceuse (lisez aussi cet article de Papapoule), ou de la poussette. Cette discrimination se poursuit et se poursuivra jusqu’aux portes de l’adulescence, tant que Go Sport, son concurrent cité plus haut et les autres, continueront à proposer des “vélos fille” et des “vélos garçons”, dont la différence tient à la couleur, voir à la présence d’un panier, signifiant au consommateur qu’une fille roule sur du rose ou du mauve (et Dieu sait si c’est laid) pour aller faire les courses, et un garçon sur du bleu, mais peut supporter le vert, pour aller ne pas faire les courses.

De ce fait, intégrer de force dans la tête des petites filles qu’elles sont faites pour jouer à la poupée et au fer à repasser, c’est aussi intégrer de force le fait que ce n’est pas le boulot des garçons.
Et c’est exactement à cause de ça que je suis obligé de systématiquement justifier pourquoi – et comment – je vis seul avec mon fils tout en sentant dans les regards soit une admiration déplacée, soit l’incrédulité dans laquelle se niche l’idée de peut être faire un signalement préventif à la DDASS tant il est instinctivement suspect qu’un père s’occupe, plus que la mère, du quotidien de ses enfants. J’ai bien peur qu’un nombre certain de pères aux foyers se sentent tout à fait concernés par ce que je viens d’écrire.
Je me suis déjà insurgé dans cet autre article intitulé “Ne m’appelez plus Madame” contre l’hyper féminité de la puériculture et si, de nos jours, le partage des tâches ménagères commence à gagner en équilibre, il y a encore un énorme travail pour que l’on offre des poupées aux garçons et que l’on installe des tables à langer dans les toilettes des hommes.

Si l’éducation des filles est un cheval de bataille traditionnel du féminisme, l’éducation des garçons est devenue une cause féministe parce que si l’on veut que les femmes aient une égalité de fait avec les hommes, y compris dans leur rapport à l’enfance et à la puériculture, il va falloir mettre les garçons à contribution.
Le combat féministe en France ne peut oublier que le principal frein est dans les préjugés. À ce titre, avoir plus de femmes dans les “métiers d’hommes” est aussi important que d’avoir plus d’hommes dans les “métiers de femmes”. Ce qui est du domaine réservé des femmes est au final aussi dangereux que ce qui est de celui des hommes. Pour démontrer que l’on peut être une femme à la vie personnelle intense et une professionnelle de talent impliquée dans son travail, il faut aussi que les hommes en soient jugés capables. L’égalité, ça marche dans les deux sens.

La guerre des sexesQue je sois bien clair : je suis loin d’être masculiniste. Si le terme, apparu en 1911, désignait alors le complément masculin du féminisme, il est aujourd’hui plutôt taxé de machisme. Si les deux mouvement se retrouvent dans certaines revendications (sexualisation des tâches, éducation), ils s’opposent également assez violemment pour savoir qui prône le plus l’hégémonie d’un sexe sur l’autre et qui aura la garde des enfants (oubliant l’intérêt de ce dernier au passage, mais c’est un autre débat). Certains masculinistes font alors preuve d’une misogynie aussi violente et réactionnaire qu’est la misandrie de leurs opposantes, ce qui n’a aucune chance de faire avancer quoi que ce soit. Un point partout la balle au centre : moi j’aime tout le monde, sauf les cons, alors restons dans la mesure.

Cet article ne fait qu’enfoncer la porte de combats déjà en cours mais très actuels. La manière française est d’ailleurs plus douce et plus indolore que ce que l’on a pu voir de l’autre côté de l’Atlantique, car changer les mentalités ne peut se faire aux forceps – ce que l’actualité nationale n’a pas manqué de nous démontrer il n’y a pas si longtemps. La sphère politique peut ainsi prendre acte de ce que vit la sphère civile, au lieu de l’inverse, et l’on voit même des publicitaires, volontiers sexistes, finir par comprendre qu’un père peut bien s’occuper d’un enfant (bon, d’accord, ce n’est pas un exemple Français).
Ces combats ont pour nom “congé paternité” (en avoir c’est bien, pouvoir le prendre c’est encore mieux), “père au foyer” (pour que ce ne soit plus synonyme d’extraterrestre) et autres “Papa vient me chercher à l’école” (tâche plus féminine. Si, si, vérifiez. Les papas, c’est plus souvent le matin) ou tout simplement “Papa s’occupe de moi”.

Alors oui, certain(e)s féministes travaillent à l’expression de fait du droit des hommes et à l’ouverture des milieux féminins afin que l’inégalité sexuée recule. Oui, il faut que le féminisme intègre plus d’hommes dans ses rangs parce que ce serait un comble d’exclure quand on veut rassembler alors que ce pays regorge de papas impliqués.
Et en résumé, oui, il faut que les hommes et les femmes se tiennent par la main pour faire avancer l’égalité des sexes.
C’est un beau programme, vous ne trouvez pas ?


(*) Bizoune : Terme Québecois qui ne désigne pas la femelle du bison.

16 réflexions au sujet de « Féministe ? Et alors ? »

  1. Super article, mais quand tu dis à propos du rose “et Dieu sait si c’est laid” n’es-tu pas toi aussi conditionné par des années : de rose c’est pour les filles bleu pour les garçons.
    Pose toi la question : c’est le rose que tu n’aimes pas ou l’idée que rose c’est pour les filles ?

    En tant que garçon manqué, j’avais depuis ma toute petite enfance banni le rose de ma vie, “le rose c’est pour les vraies fifilles, moi, je n’en veux pas”. C’était la couleur que je détestais le plus au monde !

    Quand j’ai eu ma fille, j’ai pris un grand soin à ne rien acheter de rose. Ni dans les vêtements parce que je n’aime pas ça, ni dans la puériculture “au cas où on aurait un garçon après”.
    Résultat 6 ans plus tard, ma fille adOOOOOOre le rose, veux en porter tous les jours, se trouve moche quand elle n’en a pas… Et moi ? moi, je suis réconciliée avec le rose, oui le rose ça peut-être beau ! (à dose mesurée bien sur) et surtout le rose est une couleur comme les autres !

    (pis si tu n’écris pas tes revendications sur ta bizoune, c’est peut-être parce qu’il n’y a pas assez de place… ou parce que tu es trop bavard… ou les deux)
    🙂

    1. Je suis tout à fait conditionné, en effet, et je l’assume autant que je m’en méfie, mais c’est surtout cet accord rose-mauve (surtout mauve) qui me fait saigner les yeux :-/
      Je n’ai d’ailleurs rien contre le rose ; j’en porte et ti-cul en porte… mais jamais sous forme de pantalon.
      Ce qui est important, c’est de donner le choix ; et c’est ce que nous faisons en éduquant nos enfants à la variété des couleurs.
      Les stéréotypes sont rassurants : il est difficile de les éliminer (et est-ce d’ailleurs souhaitable ?) mais il faut éviter qu’ils mènent à la ségrégation et à l’absence de choix.

      PS: Faut pas que ti-cul voit le vélo de ta fille. Il va vouloir le même. Encore que si je lui dis que c’est un vélo de fille… ben oui, c’est pas gagné.
      PS2: Quand à la bizoune… non, rien.

  2. Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii…
    Que votre article fait du bien ! Surtout en rentrant d’Algérie………………………………………
    La relation avec la belle-famille + la place accordée là-bas à mon fils + la (trop grande) différence de culture = un trop grand déséquilibre, que vient contrebalancer votre article qui pourtant se voudrait neutre. Nous avons tous encore du chemin à parcourir et c’est un beau programme ! Pour que l’équilibre en moi soit plus stable encore, il me plairait de lire d’autres femmes et hommes s’exprimer ainsi et avec autant de conviction.

  3. Tant que les femmes disant en avoir marre de voir des publicités où les femmes sont nues/rabaissées/niaises (voir les 3 en même temps) s’entendront dire : “c’est parce que t’es jalouse ça” … je crois que nous n’avanceront pas :/

    Je suis totalement d accord avec toi concernant ces “fausses” féministes qui, pour se faire entendre, n’hésite pas à se mettre presque nues… comme si, nous les femmes, devions être nues pour être intéressante …. Joli non sens selon moi (mais quand je le dis…je ne suis qu’une grosse jalouse vois tu … o_O )

    Ici, ma fille joue autant aux poupées qu’aux voitures et il en est de même pour mon fils même si, il est vrai que généralement ma fille se dirige vers les bébés et mon fils vers les voitures… Ils ont pourtant eu accès tout les deux, aux mêmes jouets. (Mon fils avait mes anciennes poupées à disposition mais il n’y touchait pas spécialement. C’est surtout depuis l’arrivé de sa soeur qu’il aime s’occuper parfois des poupons tout comme elle le fait, le mimétisme est donc totalement que ça soit dans un sens comme dans l’autre 😉 )

    Nous leurs avons d ailleurs offert une jolie cuisine pour Noël dernier.

    Il y’a peu, je suis allé dans une grande enseigne de jouets, une maman accompagné de son fils, regardaient les livres. Le petit garçon a demandé a avoir le livre “nimi”, la maman a compris minnie et lui a dit “AH non Minnie c’est pour les filles !!!!!” , l’enfant voulait en fait winnie mais j’ai trouvé le “minnie c’est pour les filles” tellement débile en fait o_o”
    Si même les livres doivent être offert en fonction du sexe, qu’apprendront nos enfants ? o_O

    Ma fille a du rose, mon fils du bleu … mais aussi beaucoup de couleurs et heureusement, sinon ça serait triste !
    J’habite d’ailleurs loupiotte en bleu très souvent, monstrouille lui n’a pas de vêtements rose je l’avoue (et ce n’est pas faute d adorer les polo type rugby rayé rose ^^) mais au niveau jouets, livres ou autre, je ne les brides pas, ils ont leur libre choix et heureusement, je n’aimerais pas m’entendre dire “ah non t’es une fille lâche la voiture et le garage de ton frère et va plutôt prendre ton aspirateur ! ” ou “lâche ce bébé, t’es un garçon, va vite jouer aux voitures… ”

    Enfin bref, je fais un pavé… tout ça pour dire Bravo pour cet article plein de sens selon moi !

    1. Merci pour ce commentaire fleuve. J’ai d’abord cru à une attaque d’activiste torse nu, mais en fait non 🙂 Encore quelqu’un qui fait attention à ces petites choses, sans forcer. A nous tous, on va bien finir par arriver à quelque chose.
      Quand à ton exemple, la madame est complètement à la masse : Minnie, c’est pour les garçons ; en tout cas, je suis certain que c’est l’avis de Mickey !
      (et je vais me faire un plaisir de continuer à découvrir ton blog : j’ai même déjà trouvé un sujet commun)

  4. Ah non, Minnie c’est pour les souris ! ahah 😛
    [Mon fils me l’a d’ailleurs fait remarqué “Maman! Moi je n’ai pas de queue comme mickey… ” euh oui oui monstrouille xD )

    Effectivement, nous avons des sujets communs, c’est plutôt sympa à découvrir, je ne suis que de passage rapide mais je reviendrais avec plaisir te lire un de ces jours !

    Bonne soirée.

  5. Vaste programme en effet mais…
    ~ C’est parce qu’on s’imagine tous les pas qu’on devra faire qu’on se décourage, alors qu’il s’agit de les aligner un à un.  ~Marcel Jouhandeau

  6. ” Si certains parents avouent avoir une préférence soit pour une fille, soit pour un garçon, la plupart disent : “Mais j’accueillerai pareil un enfant de l’autre sexe.” Est-ce bien vrai ? Avoir un premier enfant accroît très sensiblement le niveau de bonheur. On s’en serait douté, des chercheurs l’ont mesuré ! Mais les féministes vont déchanter, il augmenterait de 75% de plus quand ce premier enfant est un garçon [référence]. Il est à noter que l’étude a été menée au Danemark, pays égalitaire s’il en est, et non dans quelque obscur pays aux mœurs reculées ! Nous avons encore bien du travail avant d’atteindre l’égalité.

    Deux chercheurs [Condry et Condry, en 1976] ont demandé à des adultes d’observer un petit film dans lequel un bébé de neuf mois était assis en train de s’amuser avec différents jouets. A la moitié des participants, les chercheurs ont demandé : “Pouvez-vous évaluer les comportements de cette petite fille ?” A l’autre moitié : “Pouvez-vous évaluer les comportements de ce petit garçon ?” Evidemment, il s’agissait du même film. Les résultats furent stupéfiants. Ceux à qui on avait dit qu’il s’agissait d’un garçon le décrivirent comme plus actif et lui attribuèrent plus de plaisir, de colère et moins de peur que ceux qui croyaient évaluer une petite fille. Hors de notre conscience, nos stéréotypes sont à l’oeuvre ! ”

    I.Filliozat, Il n’y a pas de parent parfait, L’histoire de nos enfants commence par la nôtre, éd.Marabout, p106.

    1. Merci Constance. Je serai curieux de trouver une étude similaire à celle de Condry et Condry, réalisée récemment. J’espère que cela a un peu évolué en 37 ans : cette étude a été réalisée l’année de la première loi permettant l’IVG.

  7. Bonsoir,
    Je découvre votre article avec plaisir. Comme vous le dites si bien, à force, tous ensemble nous feront bouger les choses.
    Je voulais rebondir sur deux thèmes. Le choix des jouets et des couleurs d’abord… pour ma part, je suis une maman qui aime le bleu. Donc je choisi souvent du bleu mais j’ai une petite fille de 4 ans… qui veut porter du rose… alors je m’adapte. Après tout chacun son truc. Et pour les jouets, on a tenté de leur offrir le choix. Donc mon fils à un poupon, des voitures… et même une barbie… mais faut reconnaître qu’il préfère les voitures de pompier !
    Ainsi malgré nos choix de ne pas orienter nos enfants vers un type de jouet, ou des couleurs… ils ont été rattrapé par les stéréotypes que l’on retrouve partout (comme vous le souligner dans votre article).
    Et notamment dans les livres… Eh oui, les livres sont l’une des sources de ces stéréotypes… Difficile de trouver un livre ou il n’y a aucun stéréotype. Regarder les albums de vos enfants, dans combien d’entre eux, la maman rentre plutôt ou est vêtue d’une jupe ou robe? (entre autres, mais aussi qui est représenté dans la maison, et qui joue dehors? qui prépare le repas? qui bricole? )
    Bien que rare, des livres sans stéréotypes ou tout au moins qui tentent de proposer une vision moins stéréotypé de la société existe. La maison d’édition Talent Haut… en propose quelques un.

    Enfin tout ça pour dire que vos articles font plaisir à lire. Merci
    Bonne soirée

    1. Bonjour Bérengère,

      Merci pour votre commentaire. Je suis tout à fait d’accord avec vous sur les deux point. Les enfants sont rattrapés par les stéréotypes. Mon fils de sept ans sort parfois des réflexions plutôt misogynes ; j’ai alors des envies de le déshériter ou de le découper en tranches, puis je me ravise et je l’éduque.
      Quant aux livres, ils sont écrits et illustrés par des personnes qui véhiculent leurs propres stéréotypes, ce qui est plutôt normal lorsqu’il ne s’agit pas de programme scolaire. Ce qui est difficile est de choisir où mettre le curseur du supportable parce que Papa qui bricole pendant que Maman fait la cuisine a beau être un cliché, ce n’est pas non plus anormal : il faut bien que quelqu’un le fasse.
      Je note le nom de la maison d’édition, si l’occasion se présente, merci.

      Je termine avec une petite pensée pour le charme désuet de “Martine”…

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